Le tablier de cuisine de Sunoogo dans l'Histoire du Burkina Faso

Publié par Catherine Lancelot le

Ouagadougou, octobre 2014, REVOLUTION. On entendait des tirs de kalachnikov pas loin. On était confinés à la maison – déjà ! (en y repensant, je comprends pourquoi mes enfants aujourd’hui, me disent « maman, au prochain confinement, je voudrais un téléphone portable pour communiquer avec mes copains » : pour eux, le confinement est rentré dans la norme…) Confinés, donc, on se disait que, si les tirs se rapprochaient, on se tiendrait dans l’embrasure des portes avec les enfants car c’est là que les balles auraient le plus de matière à traverser après le toit et donc le plus de chances d’être arrêtées avant d’éventuellement, nous atteindre. J’ai sorti ma machine à coudre sur la terrasse -j’étais inconsciente du danger, notre voisin a retrouvé une balle dans sa cour le lendemain et il y a eu dans la capitale des dizaines de morts à cause des balles perdues : quand les militaires font des tirs de sommation en l’air, les balles, en retombant, traversent les toits des maisons, blessant et tuant au hasard. A l'époque je ne savais pas encore tout ça et, comme il fallait bien s’occuper, j’ai sorti ma machine à coudre sur la terrasse et c’est là que j’ai conçu le premier tablier Sunoogo, LE modèle ajustable que l'Atelier décline depuis en des centaines de couleurs différentes... 


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